Haine, peur, douleur... sa respiration s'accélère, tout se mélange...
Elle a froid, très froid.
Sa peau frissonne.
Elle le hait.
De toute son âme, de toutes ses forces.
Elle hait tout ce qui fait d'elle une femme.
Et elle hait tout ce qui fait de lui un homme.
Elle le sait, elle n'a d'autre choix que de le laisser faire, attendre que tout s'arrête, fermer son esprit à ce qui l'entoure en espérant qu'elle va finir par se réveiller de ce cauchemar qui dure depuis si longtemps...
Chaque geste est une véritable torture.
Il le sait.
Il s'en amuse.
Quoi de plus facile après tout pour quelqu'un comme lui...
Il sait pertinemment qu'elle ne parlera pas, qu'elle se taira et qu'ainsi elle se rendrait coupable de son propre crime.
Tout comme il sait qu'il pourra faire ce qu'il veut de cet être qu'il a possédé tellement de fois...
Elle sait qu'il ne la laissera jamais, que désormais tout lui était acquis.
Il lui avait volé son corps... maintenant il lui volait son âme.
Morte.
C'est ce qu'elle était depuis le début.
Un pauvre corps froid, meurtri et coupable.
Coupable de son silence et de sa souffrance, et complice de son bourreau.
Elle n'y pouvait rien. Les mots...
Jamais elle n'aurait cru qu'ils étaient si difficiles à dire...
Mais pouvait-on seulement mettre des mots sur une telle douleur ?
Une douleur de chair, d'abord, puisque elle n'avait eu d'autre choix que de se soumettre et souffrir en silence...
Et l'autre douleur, la plus forte.
La douleur psychologique : celle qui tue à petits feux malgré tout ce que l'on peut en dire.
C'est la plus profonde, la plus indiscernable... et la plus meurtrière.
Il le sait pertinemment, et s'amuse à alimenter cette douleur.
Il sait qu'elle souffre, et il s'en repaît.
Il lui affirme qu'elle a voulu tout ça, que c'était elle qui avait tout déclenché et qui maintenant encore le cherchait.
De sa bouche sort des injures, des mots dit 'sales' qui la blessent et ouvrent un peu plus les fêlures de son âme.
Ou du moins de ce qu'il reste de son âme.
Depuis tout ce temps, elle s'accroche désespérément au moindre espoir de paix et de tranquillité mais c'est toujours vain.
Parce qu'il est là pour l'en empêcher.
'La souffrance à ses limites, pas la peur'.
Et elle n'en peut plus d'avoir peur.
De trembler dès qu'elle voit se profiler la silhouette qui hante ses nuits, ses rêves les plus profonds, dès qu'elle entend cette voix qui ne cesse de la juger coupable de ce qui lui arrive, prétendant lui faire regretter la moindre parole à ce sujet à quelqu'un d'autre.
Elle sait qu'il mettra toutes ses menaces à exécution, il le peut, il l'a toujours pu... et il le lui a prouvé.
Elle sait ce qu'il veut.
A la fin.
Il veut la détruire elle, comme lui a pu être détruit auparavant par un amour impossible.
'Le passé, le voilà le véritable enfer, on n'en sort jamais...'
Elle est brisée, de façon irréversible dans ce point de non-retour.
Jamais plus elle ne pourra vivre normalement.
Elle n'est plus rien.
Il aime lire la peur dans ses yeux, lire sa souffrance pendant que lui atteint le moment d'extase qu'il attendait depuis le début.
Il cesse enfin et se redresse.
Bientôt, il retournera dans la vie normale, parfaitement blanchi, au milieu de tous ceux qui ignorent ce qu'il est.
Elle, elle restera en enfer.
A attendre.
'Attendre, espérer... le silence... si dure torture, si grande blessure'.
C'est fini.
Elle ne peut plus.
Elle ne peut plus lutter contre ceux qui ont décidé sa perte.
Son c½ur vieilli se rompt une dernière fois.
Des larmes silencieuses coulent le long de ses joues, elle ne fait même pas un geste pour les retenir.
Après tout, les morts finissent toujours pour ne plus pleurer un jour...
Immobile, en silence, elle reste là, attendant celle qu'elle avait rejeté jusque là, heureuse d'en finir enfin...
'Il n'y a pas plus grande douleur que d'être un ange en enfer, alors qu'un diable est chez lui partout'.
Et elle le sait...
'la mort semble bien moins terrible, quand on est fatigué'...
Texte sous copyright - toute reproduction même partielle interdite sans accord préalable
Elle a froid, très froid.
Sa peau frissonne.
Elle le hait.
De toute son âme, de toutes ses forces.
Elle hait tout ce qui fait d'elle une femme.
Et elle hait tout ce qui fait de lui un homme.
Elle le sait, elle n'a d'autre choix que de le laisser faire, attendre que tout s'arrête, fermer son esprit à ce qui l'entoure en espérant qu'elle va finir par se réveiller de ce cauchemar qui dure depuis si longtemps...
Chaque geste est une véritable torture.
Il le sait.
Il s'en amuse.
Quoi de plus facile après tout pour quelqu'un comme lui...
Il sait pertinemment qu'elle ne parlera pas, qu'elle se taira et qu'ainsi elle se rendrait coupable de son propre crime.
Tout comme il sait qu'il pourra faire ce qu'il veut de cet être qu'il a possédé tellement de fois...
Elle sait qu'il ne la laissera jamais, que désormais tout lui était acquis.
Il lui avait volé son corps... maintenant il lui volait son âme.
Morte.
C'est ce qu'elle était depuis le début.
Un pauvre corps froid, meurtri et coupable.
Coupable de son silence et de sa souffrance, et complice de son bourreau.
Elle n'y pouvait rien. Les mots...
Jamais elle n'aurait cru qu'ils étaient si difficiles à dire...
Mais pouvait-on seulement mettre des mots sur une telle douleur ?
Une douleur de chair, d'abord, puisque elle n'avait eu d'autre choix que de se soumettre et souffrir en silence...
Et l'autre douleur, la plus forte.
La douleur psychologique : celle qui tue à petits feux malgré tout ce que l'on peut en dire.
C'est la plus profonde, la plus indiscernable... et la plus meurtrière.
Il le sait pertinemment, et s'amuse à alimenter cette douleur.
Il sait qu'elle souffre, et il s'en repaît.
Il lui affirme qu'elle a voulu tout ça, que c'était elle qui avait tout déclenché et qui maintenant encore le cherchait.
De sa bouche sort des injures, des mots dit 'sales' qui la blessent et ouvrent un peu plus les fêlures de son âme.
Ou du moins de ce qu'il reste de son âme.
Depuis tout ce temps, elle s'accroche désespérément au moindre espoir de paix et de tranquillité mais c'est toujours vain.
Parce qu'il est là pour l'en empêcher.
'La souffrance à ses limites, pas la peur'.
Et elle n'en peut plus d'avoir peur.
De trembler dès qu'elle voit se profiler la silhouette qui hante ses nuits, ses rêves les plus profonds, dès qu'elle entend cette voix qui ne cesse de la juger coupable de ce qui lui arrive, prétendant lui faire regretter la moindre parole à ce sujet à quelqu'un d'autre.
Elle sait qu'il mettra toutes ses menaces à exécution, il le peut, il l'a toujours pu... et il le lui a prouvé.
Elle sait ce qu'il veut.
A la fin.
Il veut la détruire elle, comme lui a pu être détruit auparavant par un amour impossible.
'Le passé, le voilà le véritable enfer, on n'en sort jamais...'
Elle est brisée, de façon irréversible dans ce point de non-retour.
Jamais plus elle ne pourra vivre normalement.
Elle n'est plus rien.
Il aime lire la peur dans ses yeux, lire sa souffrance pendant que lui atteint le moment d'extase qu'il attendait depuis le début.
Il cesse enfin et se redresse.
Bientôt, il retournera dans la vie normale, parfaitement blanchi, au milieu de tous ceux qui ignorent ce qu'il est.
Elle, elle restera en enfer.
A attendre.
'Attendre, espérer... le silence... si dure torture, si grande blessure'.
C'est fini.
Elle ne peut plus.
Elle ne peut plus lutter contre ceux qui ont décidé sa perte.
Son c½ur vieilli se rompt une dernière fois.
Des larmes silencieuses coulent le long de ses joues, elle ne fait même pas un geste pour les retenir.
Après tout, les morts finissent toujours pour ne plus pleurer un jour...
Immobile, en silence, elle reste là, attendant celle qu'elle avait rejeté jusque là, heureuse d'en finir enfin...
'Il n'y a pas plus grande douleur que d'être un ange en enfer, alors qu'un diable est chez lui partout'.
Et elle le sait...
'la mort semble bien moins terrible, quand on est fatigué'...
Texte sous copyright - toute reproduction même partielle interdite sans accord préalable




